Monster Hunter 3
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 Une vie de chasseur

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Ceanataur
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MessageSujet: Re: Une vie de chasseur   Dim 22 Aoû 2010 - 21:25

CHAPITRE II.3 - Etrange



Le soleil venait de se lever, ses rayons tentaient de traverser les portes du village de Kokoto pour venir réveiller paisiblement tous ses villageois. Tous ces villageois encore endormis, sauf un, qui avait monté la garde toute la nuit. Car les faits sont là, d’autres attaques d’oiseau mangeurs d’homme avaient éclatés et ceci ne devait arriver en aucun cas dans le village. C’est pourquoi on demandait des chasseurs de n’importe quelle contrée, prêts à renoncer à leur vie pour la gloire et la richesse qui les attendait si les wyverns aviaires étaient vaincus. Alors ils arrivaient, petit à petit, jour après jour, pour défendre le village le temps qu’ils soient assez pour tenter une attaque surprise au cœur même du territoire des Yian Kut-ku. Dans quelques jours, le village sera préparé pour l’assaut final.

La douce rosée du matin réveilla lentement David, rêvassant encore. Puis ce fut au tour de la porte de lever le paresseux de son lit. En effet, celle-ci était grande ouverte. Inquiet, mais pas autant que s’il était bien éveillé, il saisit son couteau situé sur sa table de nuit et chercha l’intrus. Il entendit du bruit dans sa cuisine et s’y dirigea. Caché derrière le voile menant à la salle, il aperçut une ombre de petite taille, se faufiler entre les meubles. Quand l’animal passa près de l’ouverture, il le saisit et le souleva comme s’il soulevait un vieux drap. Mais, à défaut d’être un torchon usagé, c’était un chat, ou plus exactement un félyne, qui le regardait. Il était maigre et avait des parties de son corps sans poils, portants des marques de griffures. Ses yeux bleutés d’un jaune ambré laissés percevoir un vert brillant, mélangé avec le noir de ses pupilles. Il avait l’air affamé et le chasseur, ayant eu plus d’effroi que de douleur, lui offrit une bonne cuisse de Mosswine bien fraiche, cachée dans un des tiroirs, qu’il se réservait pour lui. Le Melynx sauta sur le plat et David le regardait manger. Il lui offrit ensuite un panier garni d’oreiller pour que cette petite créature se repose tranquillement. Enfin, il sortit de chez lui, son armure déjà enfilée, le casque entre les mains, et son arme dans le dos, puis se dirigea en direction de la taverne.

Il poussa la porte du bâtiment dans un bruyant choc et entra. Tout le monde le regardait, mais personne ne semblait heureux de son arrivée. Il vit Mily assise à une table et s’assit en sa compagnie. Celle-ci lui expliqua aussitôt pourquoi tous les habitués de la taverne n’étaient pas aussi jouasses que d’habitude. On vient d’apprendre que quelqu’un avait disparu depuis cette nuit, un grand homme, on retrouva dans un camp de felynes vivant dans le désert son armure imposante et son arme écrasée qui semblait être un marteau possédant quelque ressource, notamment un ingénieux système de mécanique. Elle n’en dit pas plus, David le connaissais bien. C’était son ancien voisin. Souvent, petit, il le regardait s’entrainer au maniement des armes, derrière chez lui, et rêvait de pouvoir en faire autant un jour. C’était un modèle pour lui. Il se souvint très clairement du jour où son héros eu 16 ans, il était là, juste devant la table où il annonça que son rêve allait devenir réalité.
Cet évènement brisa le chasseur qui décida qu’il lui fallait prendre l’air et marcher un peu. Il sortit alors, tête basse, de l’édifice où il était rentré si radieux.

Cela faisait déjà quelques temps qu’il marchait seul, dans la forêt, quand il entendit un léger cri fort étrange. Prudent, il avait emmené son épée pour sa balade en plein air. Il l’a sortit lentement de son fourreau et la saisit à deux mains. Il était près à tout, sauf à ce qu’il allait se passer.
Quelque chose le toucha sur son épaule gauche et le fit sursauter. Par chance, ce n’était que Mily, qui elle aussi en à eu. Elle lui fit signe de ne plus faire de bruit puis, accroupie, elle se rapprocha d’un bosquet. Attentif, il l’a suivi lentement. Une fois dans les buissons, ils ne purent que patienter et attendre ce qui avait fait ce cri.
A nouveau, le même son fut produit, tout près d’eux cette fois-ci. Puis des bruits de pas se dirigeaient vers leur position. Ces bruits semblaient extrêmement coordonnés. Ils provenaient maintenant du chemin face à eux, seulement, ils ne voyaient toujours rien. Les bruits s’éloignaient. Les chasseurs ne pouvaient plus rien dire. Ce qui provoquait ces sons était passé juste devant eux puisque le chemin était entouré d’arbustes qui auraient provoqués d’autres bruits comme des bruissements de feuilles et de branches. Alors qu’est-ce qui a fait ça, et surtout comment ?
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Ceanataur
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MessageSujet: Re: Une vie de chasseur   Dim 22 Aoû 2010 - 21:27

CHAPITRE II.4 – Apparition, Disparition




Mily et David restèrent là, au milieu du chemin, à essayer de comprendre ce qu’il s’était passé. Malgré ce qu’on aurait pu penser, c’était David qui était le plus terrifié. Mily, qui croyait que la chose aurait fait le bruit ailleurs et qu’ainsi ce bruit serait quand même parvenu à cet endroit par effet de distance et réflexion du son, ne semblait au contraire pas penser que cette créature puisse devenir temporairement imperceptible. Seulement David l’avait vu. A un moment, quand le bruit était tout proche, le chasseur vit un reflet blanchâtre onduler sur une peau soit disant imaginaire de monstre, et ainsi parcourir toute la créature, pour enfin disparaitre. Cette créature était invisible.

C’était une grande découverte qu’avaient fait là les deux jeunes chasseurs. Ils avaient trouvés le premier animal introuvable puisqu’invisible, et David n’allait pas en rester là, il se lança alors à sa poursuite.
Suivant le chemin, il tendait l’oreille et essayer de décrire chaque son qu’il entendait. Puis soudain, il s’arrêta net. Mily le rejoint peu de temps après. Elle tenait deux épées bleues mais cependant bien différentes. Celle de droite était longue et fine, la lame était ronde mais droite, d’un bleu ciel très clair. L’autre épée était courte mais épaisse, avec une lame plate à un seul tranchant, d’un bleu azur foncé mais où l’on pouvait tout de même y voir clairement les nombreuses tâches de sang des différentes batailles, séchées par l’usure du temps. Les deux compagnons étaient prêts.

Attendant le moindre petit signe, la tension commençait à monter dans l’esprit des chasseurs. Sous son épais casque, David, essayait de concentrer la chaleur et la tension. Sa visière avait une faible portée, mais permettait cependant une bonne défense. Les trous d’aération laissaient passer lentement l’air frais extérieur. Soudain il vit un reflet blanc au milieu du décor vert. Il libéra toute la tension et la force qu’il avait concentrée précédemment et chargea l’inconnu. Ses jambes devenaient lourdes à mesure qu’il se rapprochait du monstre, puis il s’arrêta de nouveau, n’apercevant plus rien. Mily le rejoint, inquiète à son tour, quand elle fut brusquement poussée vers le chasseur puis entrainée par une force invisible en arrière. Du sang arriva sur l’armure du chasseur. Animé d’une peur précipitée, il ne put qu’apercevoir un œil violet fixant sa compagne avant de charger vers cette forme insolite. Ne voyant plus rien à part son amie allongée au sol, il entraina son épée de toutes ses forces dans le dernier endroit où il vit la bête. L’épée s’enduit d’un liquide sombre et toucha le sol dans un fracas de bois se brisant sous le poids de l’arme. Un cri lui perça les tympans et il vit enfin la créature, maintenant recouverte d’un violet rosé sur tout le corps. Sa carrure était d’un bizarre tel que le chasseur, surpris, tomba sur le tapis de feuilles mortes se trouvant derrière lui. La bête était recouverte d’écailles difformes sans réels synchronisation. Son ventre touchait le sol puisque ses pattes étaient trop courtes pour le mettre hors de porté de la terre. Les doigts de ses pattes étaient arrondis pour mieux adhérer au terrain et moi faire de bruit. Sa queue était courte, large au début, et se rétrécissait en s’enroulant sur elle-même. Elle possédait de nombreuses villosités sur les bords de sa queue qui se repliaient elles-aussi sur elles-mêmes. Son cou, large, était dressé et laissait voir son buste, sans caractéristiques spéciales. De légères petites cornes ornaient les côtés de sa gorge. Ce cou lui permettait de surplomber les buissons et les arbustes et ainsi voir sans être vu. Son crâne se terminait en une longue corne pouvant représenter son nez. Sa gueule renfermait une langue pendante extrêmement longue et puissante, c’était ceci qui avait attrapé la chasseresse. Enfin, ses yeux, globuleux, positionnés sur les côtés de sa tête et ressortant de leur orbite, n’étaient pas coordonnés et lui permettait de tout voir sans problème le moindre petit détail, tout en en regardant un autre. Cela laissait supposer que le monstre possédait une intelligence différente des autres animaux si banals contrairement à lui.
Blessé au niveau du ventre, l’animal se tordait de douleur et gémissait de douleur. David se précipita vers sa complice qui ne répondait plus. Elle avait quelques gouttes de sang sur son visage et respirait rapidement. Il lui prit la main, qu’elle serra aussi fort qu’elle put. Ses yeux sombres commençaient à détourner son regard. Le chasseur enleva rapidement son casque et tenta de la réanimée. Effrayé, David assistait à son départ. Les yeux noirs de la victime étaient maintenant devenus rouge et du liquide rouge en sortait. Elle ne respirait maintenant que très lentement. Sa main ne serrait plus assez fort celle du chasseur, et tomba dans un mouvement lent qui fit exploser le cœur de David. Des larmes coulaient sur ses joues et il poussa un cri de désespoir. Heureusement, un bucheron passant par là entendit l’appel à l’aide et accouru aussitôt. David ne lui laissa poser aucune question et lui ordonna précipitamment de la ramener au village de Kokoto aussi rapidement qu’il puisse, il lui promit une lourde somme de dédommagement et le bucheron jeta sa hache, prit Mily dans ses bras rapidement mais doucement et couru à travers la forêt qu’il connaissait si bien.

David, encore à genoux, tourna lentement sa tête qui était devenue sombre et inquiétante vers la créature encore vivante. Il saisit les deux armes de sa camarade et se levant, toujours dans une lenteur sûre d’elle, il se rapprocha du monstre qui comprit ce qu’il allait se passer. La créature, dans un espoir vain, projeta sa langue de toutes les forces qu’il lui restait. La langue vint percuter violemment le torse de l’armure du chasseur et se coupa en deux quand elle toucha l’épaisse lame située sur le buste de David. La bête hurla de plus belle et se tordit à nouveau de douleur et de peur. Le chasseur se releva de sa légère chute et s’approcha du monstre, encore. Il lui trancha sa patte avec un plaisir incompréhensible, et, tout en souriant, s’empressa toujours avec lenteur et sérieux d’en trancher une deuxième. Puis il se rapprocha de la tête de la bête et attrapa sa langue gigotant dans son sang. Il la tira et lui coupa à l’aide de ses propres mains. Le monstre frappa sa tête violemment sur le sol, dans un cri déchirant. Puis David en termina avec le mousquet qu’il planta dans un des yeux de la créature pour atteindre le cerveau de la bête. Elle ne bougeait plus et le chasseur accomplit son travail en la dépeçant. Il rangea ainsi dans ses multiples sacs accrochés à sa ceinture la langue, les yeux dont un percé, plusieurs morceaux de peaux et de doigts, la corne, et prit la queue où il y avait planté précédemment les épées de celle qu’il aimait sur ses épaules puis, après avoir remis son casque pour cacher tous le sang noir sur son visage et rangé son épée sur son dos, il partit en direction de son village natal.

Il y arriva enfin et après avoir déposé les récompenses de sa chasse dans son coffre prévu à cet effet et retiré son armure, il s’empressa de retrouver Mily, dans une vitalité cette fois-ci hésitante. Il décida de se rendre à la taverne. Une fois rentré dans un fracas de porte battante, il vit un attroupement au milieu de la salle. Tous le regardaient et le laissèrent passer. Un médecin avait concocté un liquide régénérateur et le donna à la blessée. Ne pouvant rien faire, David assistait à la scène qui était une véritable torture pour lui. Enfin, il la vit tousser légèrement, l’espoir revint en lui. Il se jeta sur sa bien-aimée et la serra dans ses bras, sans forcer, juste la sentir. Cette fois-ci ce n’était plus des larmes de tristesse qui coulaient sur son visage, mais bien des larmes de joie.
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Ceanataur
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MessageSujet: Re: Une vie de chasseur   Dim 22 Aoû 2010 - 21:28

CHAPITRE III.3 – Le souverain des dunes




Un vent chaud soufflait lentement sur le sable brûlant, où le Soleil y faisait régner mort et silence. Ici il n’y avait ni bruit, ni mouvement, seul le Soleil dominait ce territoire vide et muet. Différentes grottes situées autour du désert abritaient les seuls animaux encore vivants ou à demi-morts. Les grottes apportaient un abri de pierre contre l’ennemi de la journée et ses puissants rayons.

Riper se réveilla en sursaut, ses yeux grands ouverts laissaient apercevoir le terrifiant cauchemar auquel il avait participé. A coté de lui se trouvait encore le corps en décomposition du Drome. La faim tenaillait le chasseur et le dégout du corps putréfié de la créature près de lui donna une envie de vomir. Il se leva, les mains tenant son ventre secoué par tous ces évènements. Il ne pouvait manger la carcasse du Gendrome, même affamé il ne pouvait pas. L’odeur le répugnait et rien qu’à l’idée de s’en nourrir, il en avait la nausée. Incapable de s’alimenter ici, il enfila son armure et partit trouver un lieu où la nourriture est plus attrayante.

A travers les dédales rocheux, seul, il marchait. Il s’arrêta un moment à un lac souterrain afin de s’hydrater pour continuer plus facilement les recherches. Un groupe d’Apceros, de tranquilles herbivores à épaisse armure possédant une lourde queue se terminant en une puissante masse, se rapprochaient de lui. Assoiffés eux-aussi, ils vinrent s’abreuver à coté du chasseur, qu’ils semblaient totalement ignorer. Soudain un léger petit cri résonna dans la grotte. Les animaux ne s’en soucièrent pas et continuèrent leurs actions calmement. Riper, lui, recula de l’eau lentement. Rien ne bougeait, mais comme dans son rêve, il devait fuir. Une fois qu’il eut été assez loin, il observa la scène. L’eau était d’un calme effrayant et un silence inquiétant planait dans la cavité bleutée. Soudain des bulles éclatèrent non loin du calme troupeau d’herbivores. Une créature brillant du vert de ses écailles et de l’orange de ses nageoires sauta hors de l’eau pour se jeter sur une pauvre bête. Elle l’emporta dans un remue-ménage atroce, secouant de ses puissantes mâchoires l’animal pour l’emporter dans le sombre et ténébreux bassin plus rapidement. Quelques temps après l’assaut, avec la fuite des Apceros, tout était redevenu calme, seules quelques bulles faisaient surface régulièrement près des bords. Riper continua ainsi sa marche.

Les rayons lumineux avaient de plus en plus de facilitées à traverser la voûte rocheuse située au-dessus du chasseur. La faim qui torturait Riper était bien là mais ne l’arrêtait pas. Tout en grimaçant, il avançait inexorablement. Il arriva enfin à sortir du monde de la roche et déboucha sur le monde de la mort. La lumière était trop forte pour pouvoir ouvrir les yeux, c ne fut qu’après plusieurs minutes qu’il put enfin voir ce qu’il se trouvait face à lui.
Une étendue lumineuse au relief aléatoire bougeait au gré du vent. Les seules formes vivantes visibles étaient quelques groupes de Cephalos, reptile à l’allure de poisson, possédant un long cou se terminant en une tête en forme de croissant de lune pour mieux se déplacer à travers le sable chaud. Le groupe était dirigé par un Cephalos plus grand que les autres, de couleur noire plutôt que ocre. Le gigantesque aileron du monstre débordant du sable fin passa près du chasseur, puis s’arrêta, pour détourner son chemin en direction de Riper. L’aileron disparaissait à mesure que la créature progressait vers le chasseur. On ne voyait plus rien.

Quand le monstre ressortit de son arène de sable, le chasseur n’était plus là. Positionné à quelques mètres de là où la bête pensait surprendre, il attendait.
Le sol trembla à nouveau sous les pieds de Riper. Seulement ce n’était plus les petits Cephalos qui provoquaient ce tremblement de terre.
Au loin, une gigantesque vague semblait se rapprocher de leur position. Riper comprit ce qu’il se passait et s’enfuit à travers les roches pour plus de sécurité. Le Cephadrome, lui, s’enfuit sous le sable. La vague était maintenant assez proche du chasseur pour qu’il puisse voir ce qui l’avait provoquée. Un énorme monstre nageait à travers rochers et sable sans quelconques distinctions. Armé de deux puissantes défenses, il brisait quiconque ce trouvait sur son chemin et avalait à l’aide de sa gueule démesurée les pauvres animaux se trouvant sur son chemin, tel que le pauvre Cephadrome, ne pouvant fuir assez vite.
Une fois le monstre passé devant le chasseur, la vague de sable et de roches percuta violemment Riper qui tomba dans une crevasse crée par l’érosion et le fil du temps. Heureusement, sous son armure massive, il respirait encore.
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MessageSujet: Re: Une vie de chasseur   Dim 22 Aoû 2010 - 21:28

CHAPITRE III.4 – Renaissance




Le réveil était lent et douloureux. Son dos était en partie brisé. Il ouvrit les yeux et tenta de se relever. Après avoir poussé un cri atroce, il s’effondra sur le sol frais puis referma ses yeux.

Quand il les ouvrit à nouveau, il n’était plus au même endroit. Des torches tenues par différents piquets étaient positionnées autour de lui. De légers miaulements semblaient provenir de derrière lui. Croyant en un rêve ou à une hallucination, il se rendormit.

Une fois le silence de nouveau maître des lieux, une fois la douleur estompée dans le corps blessé de Riper, celui-ci s’éveilla. Les torches étaient toujours là, elles semblaient n’avoir jamais bougées. Disposées en pentagone dont chaque bout serait tenu par une flamme, elles le regardaient.
Les membres du chasseur étaient disposés en étoile de façon à ce que ses mains puissent toucher chacune un piquet, de même pour ses pieds. Sa tête, elle, était dirigée vers le dernier angle.
Après quelques temps d’effort, il parvint enfin à se tourner sur le côté et inspecta les lieux.
Des stalactites l’entouraient, les seules sources de lumière provenaient des flammes au bout des piquets, des habitations de petites tailles avaient été creusées dans la roche. Certaines ressemblaient à des animaux, certaines à des têtes de Félynes. Des armes et objets cassés ou en partie détruits étaient jonchés sur le sol. Puis il vit avec étonnement son armure cabossée au milieu du tas de débris principal. En effet, il ne la portait plus et ne s’en était pas rendu compte. Dans un ultime effort, il se tourna vers l’autre côté. Il y avait à cet endroit aussi un tas d’objets en tout genre, seulement tout les objets s’y trouvant n’étaient pas ou que très peu abimés. Des habitations étaient de ce côté aussi autour du tas d’objet, seulement ces habitations étaient différentes, elles étaient habitées.
Des petits êtres y vivaient, se promenaient, cherchaient le moindre débris pouvant se trouver près de chez eux. La vue encore floue, Riper n’arrivait pas à bien distinguer qui étaient ces créatures. La fatigue commença ensuite à prendre le dessus sur son corps. Il s’endormit de nouveau.

Cette fois-ci ce n’était plus sa simple volonté qui le réveilla, mais les rayons du Soleil venus jouer avec ses yeux, encore cachés. Le chasseur avait retrouvé toute sa force, ou presque, et s’assit. Après s’être frotté les yeux, il se leva, lentement, mais sûrement. Surpris, il se retrouva face à une armée de chats le fixant des yeux. Cependant, aucun ne semblaient vouloir lui faire de mal, tous attendait quelque chose. Le chasseur, lui, ne savait que faire. Il se résolu alors à les saluer, en espérant qu’ils arrivent à comprendre. Après leur avoir parlé, ils s’assirent tous. Riper fit de même. Il leur parla de son voyage, même s’il n’espérait pas de réponse ou une quelconque compréhension de son aventure, il leur raconta tout.

Quand il eu finit, un chat, d’apparence plus âgé que tous les autres, se leva. Il était d’un gris sombre ondulé. Il portait une coiffe en paille et autres herbes du désert, et tenait en sa main droite un bâton, où semblait être gravé des signes, des écritures. Le chat s’approcha du conteur, puis le regarda droit dans les yeux. Enfin il lui fit signe de le suivre.
Il lui montra son armure, ainsi que son arme, plate comme une lame d’épée, puis l’emmena au tas des objets encore en bon état et lui fit signe de prendre ce qu’il voulait.
Il aperçut une arme couleur os repliée sur elle-même et la saisit de sa robuste poigne, pour la soulever et comprendre par quel ingénieux système elle fonctionnait. Là où le manche semblait être, il y avait une encoche. Le vieux félyne lui tendit une fiole que le chasseur inséra dans l’encoche et lui montra des boutons situés sur le manche. Riper appuya sur le premier, rien ne se passa. Alors, tout en serrant fort la machine, il appuya alors sur le second.
L’arme se déplia de façon rapide et puissante. Elle ressemblait maintenant à une longue hache à double tranchant. Elle était grande mais cependant fabriqué de façon à ce qu’elle soit la plus légère possible. Riper, étonné, appuya sur le premier bouton. La longue hache se transforma à nouveau, dans un cliquetis mécanique, en une épée à deux mains, cette fois-ci beaucoup plus lourde que sa précédente transformation. La fiole qu’il avait positionné auparavant brillait maintenant d’une couleur rouge éclatante. Satisfait par son choix, il replia l’arme et la posa près de lui.
Il chercha ensuite une armure digne de lui et de sa nouvelle trouvaille. C’est alors qu’il trouva un casque de chevalier, avec visière et ouvertures pour respirer. Une longue nageoire rosée placée sur le haut du casque parcourait toute la longueur du heaume. D’autres nageoires, plus petites, étaient installées au niveau des oreilles. Derrière le casque se trouvait une armure fabriquée à partir de multiples écailles bleutées et de métal. Ce fut comme un coup de foudre qui s’éprit du chasseur.

Quelques temps après avoir choisi autre lame, mais cette fois-ci plus petite pour être utilisé comme un couteau, il s’était équipé pour affronter à nouveau l’extérieur.
Il remercia les felynes, toujours en ce demandant s’ils comprenaient vraiment, et leur offrit une lettre qu’il avait écrit avec ce qu’il avait pu trouver. Les chats lui offrirent en retour un poisson appétissant qu’il s’empressa de dévorer.
Il était maintenant paré à tout défi et suivi le petit chef qui le mena à la sortie.

Le Soleil tapait sur l’armure du chasseur, qui ne ressentait plus aucune chaleur. Grâce à cet équipement, il était dorénavant préparé pour vaincre quoi que ce soit, de même que le maitre des lieux lui-même. C’était en quelque sorte une certaine renaissance de Riper.
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Ceanataur
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MessageSujet: Re: Une vie de chasseur   Dim 22 Aoû 2010 - 21:29

Chapitre IV.3 – Chance et découverte




La mort de Kim avait brisé le cœur de Sylver pour l’éternité. Il n’avait plus aucun endroit où aller, plus aucun ressentiment. Il errait seul dans l’immensité verte, à la recherche d’une réponse, à la recherche d’une réponse qu’il n’aurait jamais, mais il continuait à espérer.

Le jour se levait. Lentement, il venait éblouir le chasseur, qui n’arrêtait cependant pas sa vaine quête de la vérité. Le chasseur arriva dans un champ de fleurs en tout genre. Le vent soufflait faiblement et emportait avec lui de nombreux pétales. Des fleurs tournoyaient autour de Sylver, qui n’y prêtait pas attention. Puis un pétale, sombre, en partie disloqué, vint se coller sur son bras droit. Ce pétale n’était pas comme les autres toujours autour de lui. Celui-ci était de petite taille, il était déchiré à différents endroits. Il restait collé, sous les yeux fatigués du chasseur, sur son bras. Quand Sylver l’enleva, le pétale vint se poser délicatement dans sa main. Sa main se referma doucement, puis vint se poser sur son cœur. Quelques temps après, le triste homme rangea le pétale dans sa sacoche et continua sa route.

Il errait depuis plusieurs heures dans ce lieu inconnu. Les arbres diminuaient de nombre. Les feuilles couchées au sol disparaissaient à mesure qu’il progressait. L’herbe commençait à être remplacée par de la terre, puis du sable. Les cris des animaux s’estompaient pour laisser place à des appels de mouette et autres oiseaux des côtes. Le bruissement des feuilles ne cachait plus le son hypnotisant de l’étendue aqueuse venue s’échouer sur le sable fin. Ce n’était plus l’océan vert qui dominait à présent. Il avait été remplacé par une immensité bleue.
On arrivait maintenant à distinguer très clairement le Soleil, libre de libérer ses rayons sur la terre. Les pas de Sylver s’enfonçaient dans le sable chaud et humide. Il ne se doutait pas de ce qu’il aller arriver à quelques pas de lui.
Quand il eu accompli ces quelques pas, le sol s’effondra sous son pied et des pinces l’attrapèrent. C’était un Hermitaur, un carapaceon de la taille d’un petit Popo, qui l’avait coincé. La douleur était forte et les cris du chasseur n’allaient pas empêcher la jambe de se briser. Avant que l’os ne se casse, Sylver planta une de ses flèches entre les solides carapaces de l’animal, qui se tordit de douleur et s’effondra, mort. La jambe avait été gravement blessée et le chasseur ne pouvait plus se relever. Il amena son pied dans l’eau salée de la mer et perdit connaissance.

Quand il se réveilla, l’eau s’était retirée et des charognards dévoraient la carcasse du crustacé. Un charognard était à l’écart du groupe, il était au niveau de son pied réduit en bouilli et s’en délectait. Dans un cri horrible, Sylver lui donna un violent coup de pied qui sonna la bête. La douleur était insupportable et il était à la merci de tous ses camarades, qui se rapprochaient dangereusement.
Sylver commençait à tourner de l’œil. Il se laissa mourir en repensant à son acolyte, qui lui faisait plus de mal que sa jambe. Il ne bougeait maintenant plus et ainsi ne put entendre le sang couler.

A sa grande surprise, Sylver se réveilla. Il était maintenant dans une grotte, accompagné d’un chasseur, à première vue. Il avait une armure brillante de bleu et une sorte de machine dans le dos. Un casque était posé au sol. Ce casque portait deux petites nageoires rosées au niveau des oreilles ainsi qu’une grande nageoire parcourant toute la longueur du casque. Le chasseur blessé n’avait plus de force, il se rendormit.

Quand il se réveilla de nouveau, il était assis contre un mur, sa jambe emballée dans du tissu comme s’il s’agissait d’un cadeau lui étant destiné. L’homme l’ayant sauvé était assis sur un rocher, face à lui, et le regardait. Il lui proposa un des nombreux fruits, posés près de lui, qu’il avait sûrement cueilli. Sylver croqua à pleines dents dans tous les fruits exotiques qu’il pouvait avaler. Puis demanda l’identité du chasseur. Celui-ci répondit seulement qu’il n’avait pas à s’en faire, que tout se passerait bien, et que lui même aurait bien aimé avoir quelqu’un comme ça le jour où il perdit connaissance.
Plusieurs minutes passèrent sans qu’aucun des deux hommes ne prirent la parole, puis Sylver tenta de se lever. Il ne ressentait maintenant plus qu’une légère douleur au niveau de sa jambe. Il avait un peu de mal à rester debout mais parvenait quand même à se tenir. Cependant il ne pouvait continuer son chemin seul désormais. L’homme lui apprit qu’ils allaient rester là quelques jours afin qu’ils soient prêt à reprendre la route le mieux possible. Sylver se rassit.

Les jours passaient mais ne se ressemblaient pas. Les premiers étaient longs car Sylver essayait de retrouver toute sa vivacité d’autrefois, perdue sans doute à jamais. Le quatrième jour après avoir commencé ses séances de récupération, lors d’une randonnée en forêt avec son sauveur, ils arrivèrent face à un immense ravin donnant sur l’océan et ses merveilles. La falaise où ils se trouvaient surplombait une immensité de lieux inconnus. Le vent soufflait entre les cheveux de Sylver, celui-ci leva ses mains afin de mieux apprécier ce moment de pur bien-être. C’était la première fois depuis l’accident de Kim qu’il l’oublia un moment. Ses yeux commencèrent à pleurer un moment tant espéré. Quand son compagnon le stoppa dans ses rêves. Lui était déjà descendu de la falaise, sur le peu de sable qui s’y trouvait. A côté de lui se trouvait un bateau, cassé à différentes parties. Il lui dit de ne pas descendre et remonta. Une fois qu’il soit revenu en compagnie de Sylver, il lui parla un peu plus de sa vie, son histoire, son destin.

Il s’appelait Riper, un habitant de Kokoto. Fier de ses victoires face à des monstres gigantesques ou plus petits mais plus féroces, il avait décidé de s’attaquer à quelque chose dont il ne connaissait rien, pas même l’endroit où le combat aurait lieu, un Cephadrome. Cette mission se passa très mal pour lui et il perdit son armure ainsi que son arme préféré, son marteau à pointes. Mais ce fut grâce à de simples felynes qu’il survit en ce lieu si dangereux. Quand il retrouva Sylver, blessé, à la merci de ces animaux, il se rappela de lui. Il ne pouvait pas le laisser tomber. Tout comme de simples chats, il lui sauva la vie, mais ne demandait rien en retour. Maintenant, il doit rentrer à Kokoto, même s’il doit passer à Pokke pour y déposer Sylver.
Celui-ci le contredit, et lui expliqua qu’en réalité, il n’avait nul part où aller et qu’il n’avait plus rien à faire en ce village. Il avait perdu ce qui le faisait respirer, ce qui lui faisait battre son cœur, il ne pourrait survivre à un deuxième meurtre. Il lui proposa alors de partir avec lui, à Kokoto. Riper accepta, car après tout, mieux vaut être bien accompagné que seul dans ce monde.

Les deux hommes retournèrent alors dans leur grotte, leur maison, leur chez-soi, où rien ne devrait pouvoir venir les dévorer dans leur sommeil.
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Ceanataur
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MessageSujet: Re: Une vie de chasseur   Dim 22 Aoû 2010 - 21:30

Chapitre IV.4 – Sauvetage au bord de l’eau



Un vent frais et puissant soufflait à travers toute la grotte, comme à son habitude. Cependant cette fois-ci, il n’était pas venu seul.

Un rhume soudain réveilla Sylver, qui n’arrêtait pas de cauchemarder à l’idée de perdre sa compagne. Au réveil, ce n’était que le cauchemar qui continuait. En plus des pensées malveillantes prenants le contrôle de l’âme du chasseur, ce fut un tout autre compagnon auquel il s’attendait à voir qui se trouvait près de lui.

Le souffle froid, le sommeil lourd, un dragon rêvait à côté de lui, de l’autre côté du rocher où Sylver se trouvait. Ce dernier chercha précipitamment son vrai camarade, sans doute dans les parages. Mais il n’y avait personne d’autre. Personne ne pouvant l’aider à se battre, à fuir, ou tout simplement à l’aider. Le destin du chasseur ne pouvait pas être changé deux fois de suite. La chance n’est pas illimitée. Il faut parfois s’avouer vaincu face au maître de la vie ainsi que de la mort.
La tension montait à l’intérieur du chasseur. Ses battements de cœur s’accéléraient. Ses mouvements étaient plus hasardeux et incertains. La créature l’avait senti.

L’animal ouvrit deux portes laissant apercevoir un couple de perles bleues givrantes. La température baissa subitement. Le monstre se leva.
Ses ailes étaient raccrochées au corps dans toute sa longueur contrairement à bien des wyverns communs. Sa queue, pointue, lui servit de balancier quand il s’envola. Les piques présentes tout le long de sa tête jusqu’à sa nuque étaient purement décoratives sauf en cas de grande nécessité. Un moment tel que celui-ci où le dragon s’en servit pour créer une sortie au niveau de la voûte de la caverne. Les piques résistèrent contrairement au toit de la cavité. A peine aperçu, le dragon avait déjà disparu. Riper accourut peu de temps après, trop tard malgré tout.

Leur cachette a été découverte par quelque chose. Ce n’était maintenant plus un endroit assez sécurisé pour pouvoir s’y reposer sans risquer de ne jamais se réveiller. Il était temps de trouver un autre refuge. Les deux amis prirent donc la route à midi, emportant fruits et plantes afin de ne pas manquer de ces ingrédients durant le long voyage qui les attendaient.
Ne sachant par où aller, ils longèrent la côte à la recherche d’un port où ils trouveraient sûrement les informations qu’ils leur manque.

Evitant à tout pris le sable et ses dangers cachés en dessous, les deux chasseurs restaient sur la fine pelouse d’herbe qui longeait le bord de mer. Peu de créatures s’y promenaient. Ce fut d’ailleurs un des premiers sujets de discussion des compagnons.
Soudain, au milieu du sifflement du vent, des cris retentirent. A mesure que les deux compères se rapprochaient de l’endroit où semblaient provenir les bruits, ces cris devenaient de plus en plus humains. Les deux chasseurs se lancèrent à l’assaut de ce qu’ils croyaient être une attaque.

Arrivés sur les lieux, la scène ne les surprit pas pour autant. Deux énormes oiseaux mangeurs d’hommes, des Gypceros, s’acharnaient sur une embarcation échouée sur la plage. De nombreux corps gisaient sur le sable souillé du sang des victimes et le peu de survivants s’étaient réfugiés sous leur bateau, enfouis dans le sable. Il n’y avait pas d’autres choix que de leur venir en aide.

Malgré son manque de force et de vivacité, ce fut Sylver qui sortit son arme de son fourreau en premier. Il décocha sur les monstres une dizaine de flèches, jusqu’à ce qu’ils changèrent d’objectif. Riper, caché, les attendait de pied ferme. Les créatures chargèrent l’archer, se dandinant à la façon d’un poulet et crachant tout en courant des boules de sucs empoisonnées. Arrivées à l’endroit clé, Sylver se jeta dans un trou préalablement repéré. Riper sortit de sa cachette.

Les cliquetis de l’arme du chasseur n’annonçaient rien de bon pour le couple de monstre. Ceux-ci se tournèrent vers leur nouvelle cible et chargèrent à nouveau. Riper esquiva leur attaque en se faufilant entre leurs pattes, pour arriver derrière eux et frapper à la manière d’un assassin. Mais à sa grande stupeur, l’arme rebondit sur les pattes d’un des monstres. L’attaque avait été contrée et le chasseur se prit un coup de queue phénoménal au niveau du torse. Heureusement, le sable avait amorti sa chute. Se relevant avec mal, il réussi cependant à effectuer une roulade afin de se remettre sur pied et par la même occasion éviter un nouveau coup de queue. Un sifflement retentit, Riper se baissa, et une multitude de flèches tomba sur les animaux. Cependant leur solide carapace arrêta tous les tirs, sauf un, qui entra directement dans l’œil gauche du plus gros Gypceros. Celui-ci hurla de douleur. Les contours de ses yeux étaient devenus rouges et sa corne commençait à briller. Frappant le sol de ses pieds, il leva sa tête. Sa corne étrange provoqua un flash de lumière si puissant qu’il éblouit Riper, obligé de rouler dans le sable pour faire passer la douleur. Pendant ce temps, les créatures se rapprochaient de lui. Sylver avait beau leur tirer dessus, les monstres ne s’arrêtaient pas. En dernier recours, il chargea les bêtes, un tonneau explosif à la main. De toutes ses forces, il lança le petit baril de poudre sur les deux animaux. La corne du plus gros explosa en plusieurs morceaux et sa tête fut en partie brûlée, l’autre monstre fut prit d’une folie effrayante quand la bombe explosa près d’une de ses ailes, la brûlant en partie. Cette surprenante attaque permit à Riper de récupérer en partie la vue. Aussitôt, il activa un des mécanismes de son arme. La lame se replia ainsi que le manche, le katana était passée au mode arme lourde. Le chasseur fonça tête la première sur une des pattes du Gypceros devenu fou et la trancha nette. La puissance de l’arme avait même réussi à faire basculer l’animal, qui se tordait maintenant sur le sable, agonisant. L’autre monstre ne voyait plus rien, il était maintenant à la merci de la volonté de Riper. Ce dernier tourna autour de sa proie, attendant le moment propice pour attaquer. La bête projeta sa queue sur le chasseur qui avait gardé une distance suffisante pour ne pas être touché. Cependant, la texture élastique de la queue envoya la masse se trouvant au bout en pleine tête de Riper. Celui-ci se retrouva au sol, sonné. Il ne restait maintenant plus que Sylver face à l’animal tournant en rond, ainsi que celui au sol, éclairant de sa corne la sombre scène du massacre. Arc en main, le chasseur l’amena face à lui. Il empoigna une flèche de sa main droite et la sortit de son carquois. Il tendit la corde, lentement, sûr de lui, et la lâcha. La flèche partit à toute vitesse, puis se divisa en quatre autres flèches, plus petites, avant qu’une arrive dans l’œil droit de la créature. La bête n’avait plus aucune chance. Elle s’effondra sur le sol taché de sang, puis ne bougea plus. Sylver se dirigea vers son acolyte et le réveilla. Puis les deux hommes allèrent libérer les survivants.

Une multitude de remerciements tombaient sur les deux héros, mais ils étaient accompagnés de pleurs et d’effroi. Cependant, malgré les nombreux deuils qui commençaient, il fallait repartir.
Après avoir récupérés les composants des monstres les plus intéressants, les compagnons reprirent la route de leurs aventures. Ils furent interpellés par le groupe de personnes qu’ils avaient sauvés. Ceux-ci leur demandèrent protection et sécurité, et proposaient en échange le chemin pour aller à un port célèbre, le port de Moga. Les deux chasseurs épris de compassion acceptèrent.

Ce fut alors tous ensemble, marins, marchands, et chasseurs, qu’ils prirent le chemin le plus sûr pour rentrer à bon port. Chacun tenant en leurs mains le fruit de leur réussite. Que ce soit une corne, un poisson, un panier, ou un enfant, tous tenaient fermement le pourquoi de leur vie.
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MessageSujet: Re: Une vie de chasseur   Ven 3 Sep 2010 - 15:23

CHAPITRE I.5 – Toujours plus dangereux



Les retrouvailles furent brèves mais intenses. Pour l’espace d’un instant, le couple prit le temps d’oublier les moments difficiles qu’ils avaient passés quelques temps avant. Puis il était temps d’y repenser.
Cette créature blanche et puissante n’allait sans doute pas apporter joie et bonheur au village de Pokke. Les nouveaux villageois devaient être mis au courant.
Reprenant la route sans se presser, les deux chasseurs partirent en direction du village, main dans la main, ne pensant plus au passé, ni au futur.

A l’arrivée, un doute s’éprit des deux amoureux. Le gardien des portes n’était plus là, une flaque de sang s’y trouvant à sa place. Stella courut immédiatement en direction de chez elle. Kyoshiro, lui, se dirigea vers sa maison où se trouvaient ses armes.
Les chemins étaient abandonnés, les bruits qui égayaient ces lieux étaient partis. Une étrange sensation prenait possession du chasseur, errant jusqu’à sa destination.
Enfin il arriva dans sa maison, toujours trouée par le feu et le vent. Il ouvrit son coffre et saisit son épée, toujours tachée du sang du Blangonga. L’entrainement de chasse avait quelque peu manqué ces derniers temps mais l’âme d’un chasseur ne disparait jamais totalement et il était plus que temps pour lui de reprendre du service.

Après être sorti de chez lui il se dirigea vers la maison de Stella. Arpentant toujours les tristes ruelles vidées de leur source de vie, il entendit de légers cris quand il fut assez près de chez elle. Inquiet, il accéléra sa cadence de pas.

Une meute de créatures bleues sautait autour de Stella, qui tenait en ses mains une longue épée arborant de nombreuses dents de monstres sur le dos de la lame. L’avantage était aux monstres qui étaient trop nombreux pour pouvoir être tous vaincus par une seule personne. Seulement cette personne n’était pas seule, au grand désespoir des animaux.

Kyoshiro fonça dans la masse sautillante, bouclier en premier, épée derrière lui, prête à frapper. Un premier choc se fit ressentir dans son bras gauche, et déclencha la seconde étape. Son bras droit serra son arme et s’élança devant le chasseur, tranchant au passage un Baggi. Une fois le mouvement terminé, Kyoshiro se tourna sur lui-même pour frapper maintenant sur son coté gauche. Le sang giclait pendant que le chasseur exécutait ses attaques, roulades, et acrobaties.
Petit à petit, le nombre d’assaillant diminuait. Quand au final il n’en restait plus que quelques uns, qui prirent la fuite, de peur d’être à leur tour coupés en deux ou simplement tué. Le chasseur s’approcha de sa compagne, qui lui tomba dans les bras malgré tout le sang qui s’y trouvait. Leur regard se croisa à nouveau. Langoureusement, ils se rapprochèrent l’un de l’autre. Lorsque ce moment de tendresse fut brisé par l’arrivée du petit frère de Stella, qui cria en regardant tous ces corps devant chez lui.
Un léger désespoir termina cette accolade puis le trio partit à la recherche de survivants.

Depuis quelques temps déjà, ils se sentaient suivis. Mais aucun signe de vie ne semblait encore occuper le village, malheureusement.
Soudain, Kyoshiro leva sa main droite pour faire signe de s’arrêter. Il avait vu quelque chose.
Sur la place, un Drome gigantesque dévorait les corps inanimés de nombreux des habitants. De couleur bleu lui aussi, une majestueuse crête ornait sa tête. Il semblait beaucoup plus imposant que les nombreux Drome que Kyoshiro avait déjà chassé. Cependant, même si le Drome était occupé à se nourrir, il semblait anormal. Sa patte gauche était entaillée et ses yeux paraissaient affolés. C’est là que le chasseur comprit qu’il ne pouvait pas être seul.

Effrayé, il repensa à la bête blanche, le Berioros, ainsi l’avait-t-il appelé. Il repensa à ce qu’il avait fait à la créature couleur sable, et pensa à ce qu’il leur ferait. Mais à vrai dire, Kyoshiro n’avait pas peur de la mort, il n’avait peur que de très peu de choses. Perdre Stella était maintenant devenu une de ses peurs les plus redoutées. Il lui demanda alors de rester assez loin, il partirait chasser l’étranger tout seul. Celle-ci ne put lui refuser sa demande quand elle vit ses yeux bleus étinceler.

Restant le plus souvent possible en couverture, le chasseur avança prudemment vers sa cible. Une fois arrivé à une distance qu’il appelait parfaite, il lança l’assaut.

Le Baggidrome tourna sa tête vers le chasseur. Ses yeux étaient toujours écarquillés, laissant percevoir la peur qui lui hantait les idées. Kyoshiro s’arrêta devant lui, restant tout de même à une distance raisonnable, et attendit la réaction du monstre. Celui-ci ne bougeait pas, pétrifié par la peur ou autre phénomène psychologique. L’animal se coucha alors doucement. Le chasseur, surpris, ne pu s’empêcher de vouloir découvrir la suite des évènements et se rapprocha de la créature. Celle-ci avait fermée les yeux mais n’était pas pour autant morte puisque ses membres bougeaient encore, victimes de tics excessifs. Kyoshiro baissa sa garde et approcha sa main gauche vers le dos de l’animal. Celui-ci se laissa caresser au grand étonnement du chasseur. Soudain ses yeux s’ouvrirent.

Les veines de ses yeux s’emplirent de sang, l’effroi les fit se gonfler. La bête se leva en sursaut, projetant Kyoshiro sur quelques mètres. Stella cria et accourut vers son compagnon. Le Baggidrome s’enfuit avant d’être écrasé par une masse blanche tombée du ciel. Le Berioros était lui aussi venu participer à son repas.

Quand la bête blanche recula pour admirer son assassinat, elle découvrit que deux témoins la surveillaient. Les yeux bleus de la créature devinrent rouge sang, reflétant lumière et souffrance. C’était l’heure du dîner pour l’ogre, et l’heure de survivre pour les mets.

La respiration glaciale du monstre refroidissait l’air déjà frais. La tension des deux chasseurs le réchauffait. Kyoshiro se lança le premier dans la bataille après avoir retenu d’une main ferme Stella. L’animal se situait à plusieurs mètres de lui, cela lui laissait le temps de prendre assez de vitesse pour en finir rapidement. Le Berioros ne bougeait pas, et attendait calmement la charge de l’assaillant.
Les rochers et débris situés au sol devenaient un véritable chemin où la vitesse augmentait petit à petit. Chaque appui conférait au chasseur une accélération incroyable. Au dernier petit muret de pierre, Kyoshiro s’élança sur le monstre, qui prit un malin plaisir à éviter cette attaque et foncer vers Stella.
Le chasseur roula sur le sol glacé, surpris par cette attitude. Il était relancé, main cette fois-ci, tenait sa lame différemment. Il était clair que l’animal courait beaucoup plus vite que lui et allait atteindre sa cible avant que lui-même ne soit rattrapé par son agresseur. Dans un élan d’espérance, le chasseur freina brutalement sa course et lança son épée en direction de la créature. La lame tournait telle une roue en furie et provoquait un sifflement que le monstre remarqua tardivement. Le fer de l’épée avait pénétré la lourde carapace du Berioros, le sang chaud de l’animal se refroidit en contact de l’air, un cri de lamentation termina le choc de la lame. La créature s’arrêta juste devant Stella, qui tremblait, de peur ou de froid, arme en main. Ses doigts refermèrent solidement le manche du katana et d’un magnifique geste d’épaule et de bras, elle trancha les crocs de la bête. Dans un retour d’épée incroyable, elle planta tout le long de sa lame dans la gueule du monstre. C’en était fini.

Maculée de sang, elle rejoignit Kyoshiro et se jeta violemment sur lui. Le choc perturba le chasseur qui au final se retrouva au sol, écrasé par tout l’amour que pouvait offrir sa fiancée. Après cette étreinte cette fois-ci sans interruption, les deux chasseurs allèrent inspecter le corps de la créature.
Quel ne fut pas leur surprise de découvrir une large plaie au niveau du coup de l’animal. Une plaie de forme arrondie. Une sorte de morsure où coulait un liquide violet. Du poison, voilà pourquoi le monstre eut été si rapidement abattu, sans trop de résistance de sa part.

Quelque chose de plus dangereux encore guettait le jeune couple. Quelque chose de plus terrifiant.
Ce monde est ainsi fait de telle façon qu’il y aura toujours plus dangereux que ce que l’on puisse chasser. Mais les chasseurs le savent, sont là et se tiennent prêts.
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MessageSujet: Re: Une vie de chasseur   Sam 4 Sep 2010 - 12:45

CHAPITRE II.5 – Plus de peur que de mal



La peur de l’avoir perdue avait complètement changé l’attitude de David. Plusieurs jours durant, il occupait tout son temps libre à rester avec elle. A chaque promenade en forêt où à n’importe quel endroit à l’extérieur du village, il la suivait, toujours une arme dans son dos. Les seuls moments de véritables repos étaient lorsqu’il allait chez elle, là où il était sûr qu’il n’arriverait rien.

Seulement un jour, lorsqu’il se réveilla et sortit de chez lui pour aller rendre une petite visite à sa tendre moitié, il ne trouva pas étrange que le village était beaucoup moins peuplé. Il ne trouva pas étrange que plus aucun chasseur ne marchait dans les allées, achetant des pièges, des potions, ou des munitions. Enfin il arriva devant la porte de la maison de Mily, un mot y été inscrit sur du papier préalablement accroché à la poignée.

« Mon cher David,
Je savais que tu me rendrais visite ce matin, c’est pourquoi je t’ai laissé ce petit message.
L’association de chasseurs chargée d’abattre le groupe d’oiseaux mangeurs d’hommes est partie très tôt ce matin. J’ai décidée de partir avec eux.
Mon chérie, depuis quelques temps je me sentais enfermée. Ta protection était ce que je pouvais espérer de mieux, mais je n’ai jamais osée te dire que je ne pouvais plus la supporter. J’ai toujours eu besoin d’être libre. Je suis vraiment désolé que tu l’apprennes de cette façon. J’espère que tu comprendras.
Ne fais pas de bêtises durant mon absence mon cœur, je t’aime

PS : J’ai laissée la liste de choses à faire jusqu’à ce que je revienne près de ta fenêtre.
Gros bisous, je te promets de rentrer vite »

A peine ces mots furent lus que David se précipita chez lui, hurlant au bon Dieu le pourquoi de son départ. Le chasseur connaissait les risques de cette expédition, et la voir s’éteindre à nouveau le détruirait aussi bien mentalement que physiquement.
Equipé de son armure en Ceanataur et de son arme dorée en main, il se lança à la poursuite du convoi de chasseurs.

Le chemin boueux à travers la forêt était encore garni de nombreuses traces de pas, toutes allant dans une seule direction, le nid des Yian Kut-ku.
Plus le chemin se rétrécissait et disparaissait dans la forêt, plus David s’inquiétait.
Au bout d’un long moment de marche, les arbres disparaissait, laissant place à de l’herbe verdoyante. Jusqu’au moment où plus aucun arbres n’entravaient les rayons du Soleil qui arrivèrent sur la visière du chasseur, aveuglé un court instant.
Quand il remit ses esprits en place, il put découvrir les magnifiques lieux qui s’offraient à lui.
Une plaine gigantesque s’étendait à ses pieds, légèrement pentue. D’énormes rochers ornaient ce paysage lumineux de vert et de gris. L’herbe dansait au grès du vent. Au loin, une masse s’éloignait. Au premier regard, David lui imagina un corps, des pattes et ailes, comme tous les wyverns du coin. Puis, après concentration, il découvrit autre chose. Ce n’était pas un, mais plusieurs êtres vivants qui reculaient à travers les champs. Un groupe de chasseurs, cela ne pouvait être qu’eux.
A peine David eut le temps d’y penser qu’il était déjà lancé à leur poursuite.

Le sol était meuble mais assez ferme pour ne pas perdre équilibre. Le vent était dans le sens contraire de la où il allait, lui donnant l’impression de ne pas progresser. Soudain il tomba en arrière. Un dragon géant venait d’atterrir juste devant lui.

Il portait une carapace pourpre et sombre. Ses yeux étaient rouge-orangés tels de l’ambre. Sa gueule garni de crocs laissait percevoir un bec au niveau de la mâchoire supérieure. Son dos possédait de nombreuses écailles légèrement relevées, laissant imaginer des pics. Sa longue et massive queue possédait des pointes qui recouvraient les cotés de l’appendice. Le bout se terminait par d’autres pointes entourant une dernière, plus grosse et de couleur brune au lieu de grise. Le monstre était face à David, allongé au sol, bloqué par sa lourde armure difficile à soulever. Le combat était déjà terminé.

Remplie de salive, la gueule béante de l’animal se rapprochait du corps du chasseur, remuant de peur. Une fois le Rathalos à mois d’un mètre de sa proie, celle-ci vit repasser dans sa tête toute sa vie, son existence, ses espérances, ses désirs et ses peurs. Et ce fut la vu de cette dernière qui lui fit rouvrir les yeux. En moins d’un dixième de seconde, il leva son bras et attrapa la mâchoire inférieure du dragon. Celui-ci prit peur et leva sa tête dans une précipitation étonnante, relevant sans le vouloir le chasseur. Ce dernier avait reçu la grâce de Dieu et n’allait pas le décevoir. Il sortit la lame de son fourreau et la fit briller de mille feux grâce aux rayons du Soleil, avant de se concentrer à nouveau sur la bête se trouvant devant lui. Ses yeux apeurés avaient disparu, laissant place à un regard sûr de lui et plus que jamais déterminé à en finir vite avec ce nouveau problème. Il chargea, épée pointée vers le ciel.

Le poids de l’arme était difficile à supporter, mais le chasseur ne relâcha pas pour autant son étreinte sur le manche. Soudain, le wyvern s’envola, sans doute prit de peur à cause du cri que David continuait à hurler, ou bien les choses ne devaient pas se passer de cette façon, pas pour cette fois-ci.

Etonné, le chasseur revint sur son principal problème après avoir longuement suivi des yeux le vol majestueux du roi des cieux. A peine eut-il le temps de tourner la tête qu’il vit le groupe de chasseurs disparaitre dans la lisière de la forêt, à l’opposé de sa position dans la plaine. Son cœur accéléra ses battements, la chasse était relancée.

Ses jambes se faisaient de plus en plus lourdes, sa vue se floutaient à chaque fois qu’il posait un pied au sol, son souffle commençait à manquer. Il se résigna alors s’arrêter quelque temps et prit appui sur ses deux genoux pour récupérer son énergie plus rapidement. Encore essoufflé, il but une potion jaunâtre sortit de sa sacoche. Il grimaça en la buvant et sentit le liquide se diffuser dans tout son corps. Il remua sa tête rapidement et releva sa tête, prêt à reprendre la course là où il l’avait laissée.
Tel un Drome pourchassant sa proie, il fusait à travers herbes et rochers. Tel un wyvern il plongeait vers destination, évitant de peu rocs et végétation trop dense. Il arriva enfin à la lisière de la forêt où il avait vu l’association de chasseurs en dernier. Plusieurs minutes s’était écoulée entre ces deux moments, l’écart à rattraper était encore grand. Soudain, l’oreille attentive du chasseur perçut des bruits qu’il n’aurait préféré jamais entendre. La peur au ventre, il courut vers le centre de la forêt, criant le nom de son amie le plus fort qu’il pouvait.
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MessageSujet: Re: Une vie de chasseur   Mer 8 Déc 2010 - 18:48

CHAPITRE I.6 – Un fantôme dans la glace





Après avoir pris le temps de rendre un dernier hommage aux villageois morts de la folie du Drome, et secouru ceux s’étant caché pour survivre, le couple se décida d’enquêter au sujet d’un possible monstre pouvant empoisonner ses victimes et les rendre si faibles qu’il puisse les tuer bien à son aise.
Leur première expédition démarra ainsi à l’instant où ils sortirent du village, armes en mains, un sac de vivres sur leur dos, direction les grottes sombres et inhabitées des monts enneigés, le seul endroit où les monstres se sentaient à l’abri afin de pondre leurs œufs, ou bien dévorer ceux des autres.

Après plusieurs heures de marches qui passèrent bien vite en compagnie de Stella, Kyoshiro aperçut enfin le Pic du Démon, la cime où une légende signale le repaire d’un dragon majestueux, habillé d’acier et autour duquel une aura de vent et de froid permanent le protégerait.
En passant près d’une grotte creusée dans le glacier de la montagne, un souffle de vent gelé fit sursauter le chasseur en pleine réflexion sur le monstre qu’ils chassaient. La caverne semblait respirer, lentement, inexorablement.

Kyoshiro prit la décision d’entrer dans cette excavation si peu rassurante car comme tous les chasseurs le savaient, c’était dans les endroits les moins attirants que les monstres les plus effrayants s’y trouvaient. Accompagné de Stella qui n’acquiesçait pas du tout sa décision, il entra dans la montagne.

Les galeries de glace et de roche à l’intérieur du mont ressemblaient à un véritable labyrinthe. Le moindre petit détail semblait se répéter dans chaque recoin, chaque croisement, tout était pareil, identique à ce que les chasseurs avaient vu précédemment. Mais alors que le couple s’était véritablement perdu, Stella découvrit une trace sur le mur froid. Une trace de couleur indigo provenant d’un liquide s’étant solidifié. Cela ne pouvait être que du poison, le poison du monstre qu’ils recherchaient. D’autres traces suivaient la même galerie, mais non de façon normale. Certaines traces se trouvaient au sol, d’autres sur le mur, et d’autres encore au-dessus de leur tête. Les deux chasseurs se regardèrent mutuellement, pris d’un soudain effroi au milieu de cette caverne qui s’enfonçait dans l’obscurité, et, serrant la main de l’autre du plus fort qu’ils pouvaient, ils pénétrèrent dans les aveugles sillons du destin.

La température augmentait progressivement tout en restant glaciale, les traces de poison n’étaient plus aussi dures que la glace mais commençaient à glisser le long des parois. Les chasseurs se rapprochaient lentement mais sûrement vers l’animal.

Au bout d’un certain temps de marche, les étroits couloirs se transformaient en larges corridors, qui donnaient sur une immense place glacée. Des stalagmites jonchaient le sol et des stalactites l’observaient, accrochées au plafond. Certaines s’étaient rejointes et créaient d’immenses colonnes soutenant la voûte de givre. Le couple se dirigea au milieu de l’arène de glace, plus éclairée qu’autour d’elle-même puisque la lumière parvenait à traverser la fine couche de neige protégeant l’entrée au sommet de la montagne. Un cri retentit et résonna dans toute la grotte, le monstre les avait senti et se rapprochait de leur direction.

Epée en main, bouclier dans l’autre, Kyoshiro était prêt. Stella avait sorti son katana de son fourreau, elle aussi se tenait à l’affût du moindre détail signalant la position de la créature. Des bruits de pas s’approchaient de leur position, face à eux. Les mains tenaient fermement le manche des armes, la tension montait de façon insupportable. Les bruits s’arrêtèrent juste en face d’eux, dans l’obscurité du contour de l’arène faiblement éclairée. Kyoshiro posa sa main droite sur l’épaule de Stella et avança vers son destin. Quand il eut disparut dans la sombre bordure, un bruit sourd affola Stella. Plus aucun bruit ne parvenait à ses oreilles, plus aucun mouvement ne lui attirait l’attention, elle semblait désormais seule dans la caverne. Elle recula lentement, et soudain sentit quelque chose lui toucher son épaule. Dans un cri strident, elle balança la lame de son épée derrière elle en tournant sur elle-même. Un bruit de métal retentit et arrêta son arme. Derrière le bouclier qu’elle venait de frapper se trouvait les yeux bleus de Kyoshiro qui la regardait. Elle s’écroula sur lui, et libéra toute la peur qu’elle avait emmagasinée sur le pauvre chasseur. Quand quelque chose vint les déranger.

Une petite créature rampante de couleur blanche s’avançait vers eux. A première vue on aurait dit une larve puisqu’elle ne possédait ni yeux ni pattes mais seulement une bouche arrondie qui devait lui servir à s’accrocher à quelque chose et pomper ce qu’il contenait. D’un mouvement de pied dévastateur, Kyoshiro renvoya la bestiole à l’extérieur de l’arène. Qu’elle ne fut pas sa surprise et son effroi que de voir quatre mêmes animaux revenir dans l’arène, accompagnés petit à petit par d’autres et d’autres créatures, toutes les mêmes. Soudain un cri plus humain que monstrueux éclata, cependant aucun des deux chasseurs du couple n’avait ouvert la bouche.

Dans une vive lumière orangée, un autre chasseur était venu leur porter un peu d’aide. Portant un large bouclier de sa main droite et une immense lance de sa main gauche, il s’interposa entre les créatures et les chasseurs. Une torche était accrochée à sa ceinture, derrière lui. Son arme était si longue quelle semblait pouvoir toucher le plafond sans y essayer. Cependant cette lance ne possédait pas les mêmes caractéristiques que toutes les lances que les chasseurs avaient pu voir au cours de leur vie. Plusieurs encoches parcouraient tout le long de l’arme, symétriquement placées autour de la lance. Le bouclier quand à lui portait deux magnifiques cornes de monstres, l’une blanche, l’autre noire. Ces deux cornes se rejoignaient et continuaient leur prolongement l’une à travers de l’autre. Une partie du bouclier portait de nombreux poils blancs électrisants, l’autre comportait tout un attirail d’écailles sombres et dégageant une force obscure protégeant aisément le porteur. Celui-ci portait une armure massive blanche comme neige. De nombreux pics et carapaces lui offraient la meilleure défense possible. De petites dents protégeaient ses cuissardes, ses épaulières qui surplombaient son casque caché entre, et son buste formait un pic massif dissuadant quiconque voudrait l’attaquer à ce niveau là. Il embrocha tous les vers rampants et fonça lance la première droit devant, à travers l’obscurité de la grotte. Les deux chasseurs le suivirent.

Rapidement, ils arrivèrent face à un monticule gélatineux d’où sortaient sans cesse des larves blanches. L’inconnu enfonça sa lance à maintes reprises dans le nid et creva tous les embryons de monstre avant d’y mettre le feu et ainsi les réduire à néant pour de bon. Un cri strident s’engouffra dans la caverne où les chasseurs se trouvaient et l’inconnu sourit, caché sous son casque.

Une créature difforme s’était placée au milieu de l’arène toujours éclairée. On ne distinguait pas sa tête de sa queue et seule la direction dont ses pattes étaient placées nous informait sur son placement. Les doigts en forme de ventouses de la bête produisaient un liquide collant lui permettant de se fixer sur n’importe quelle paroi, que ce soit au sol, sur un mur, ou au plafond. La couleur violette de la créature laissait supposer que ce fût elle qui sécrétait tout ce poison. A la façon des larves, elle possédait une gueule arrondie, tout comme les marques retrouvées sur le cou du Berioros. Soudain elle se courba et plaça sa queue au niveau du sol. Elle semblait souffrir de façon incomprise. Ce ne fut que lorsqu’elle releva sa queue que l’on pu apercevoir un nouveau nid où sortaient progressivement d’autres larves. Les chasseurs lancèrent l’assaut en premier.

L’inconnu chargea le nid tandis que le couple fonça vers la créature. Kyoshiro fut le premier à percuter. La lame s’enfonça dans le corps de l’animal, sans lui causer la moindre plaie. L’élasticité de sa peau avait repoussé la lame et le chasseur fut projeté sur le sol enneigé. Stella arriva à son secours et le releva immédiatement. L’inconnu qui avait terminé d’enflammer le nid de la bête arriva et enfonça à son tour sa lance dans le ventre du monstre, ce qui créa un léger trou dans la peau, mais sans véritable progression. L’animal assainit un violent coup de patte au chasseur qui s’écrasa sur une stalagmite, la brisant en partie. Il ne restait plus que le couple face à la créature.

Celle-ci régurgita une boule de poison préalablement fabriquée par ses glandes et l’envoya sur ses opposants. Kyoshiro repoussa rapidement Stella, qui tomba, et se protégea à l’aide de son bouclier. La masse gluante de poison éclata sur sa protection et le toucha sur plusieurs parties du corps. Le poison commençait à pénétrer à l’intérieur de son corps, il se sentait de plus en plus faible. Stella se rapprocha de lui, mais le chasseur lui interdit de se rapprocher plus, puis il s’effondra. Elle était désormais seule face à la bête et une haine de désir et de vengeance lui procurait une sorte d’adrénaline. Avant qu’elle ne charge l’animal, celui-ci s’enflamma.

L’inconnu avait lancé sa torche sur le corps visqueux du monstre, qui brûlait vif. Il tenait sa lance en l’air et actionna un bouton au niveau du manche. Cinq lames sortirent tout le long de sa lance, qui ressemblait désormais plus à un harpon gigantesque qu’à une simple lance. Puis il chargea à nouveau, bouclier sur le côté, donnant tout sur l’offensive.

L’impact sanglant sur le corps maintenant noirci de la créature la fit hurler de douleur. Les lames ouvrirent une large plaie qui laissait couler du sang chaud sur la neige. Le monstre ne bougeait presque plus et c’est Stella qui l’acheva, d’un large coup de katana qui trancha sa tête, nette.

Une fois la bataille gagnée, l’inconnu se dépêcha d’aller faire boire un liquide bleuâtre à Kyoshiro qui se releva peu de temps après, revigoré. Puis il alla retourner la bête et préleva des glandes situées sous son corps. Il laissa le reste au couple qui récupéra en grande partie de la peau qui n’avait pas brulée. Puis vint les remerciements et les présentations. Le chasseur s’appelait Kandaar et une fois qu’il l’eut annoncé, il leur proposa de le rejoindre dans une quête contre un monstre gigantesque, un monstre parmi les seuls qu’il n’avait encore jamais combattus, le Lao-Shan Lung.

Le couple accepta volontiers et après que Kandaar leur indiqua la sortie, ils rentrèrent au village afin de réconforter les villageois avant de le retrouver, sur la route principale menant à la Grande Ville.
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MessageSujet: Re: Une vie de chasseur   Jeu 17 Fév 2011 - 19:48

CHAPITRE II.6 – Souffrance et changement



A travers bois et bosquet il arpentait le petit chemin créé par les chasseurs qu’il poursuivait. La fatigue n’exerçait sur lui plus aucune contrainte, la douleur ne l’atteignait plus, seule la peur lui rongeait le ventre et l’obligeait à courir de plus en plus vite.

Enfin, il arriva face à une clairière remplie de feuilles mortes. Des corps gisaient sur le sol mou, aussi bien des corps d’oiseaux géants que de chasseurs. Quelques mares de sang avaient trouvé refuge dans quelques trous. Le cœur du chasseur explosa à nouveau à l’intérieur de sa cage thoracique. Ses yeux s’emplirent de larmes qu’il ne put contrôler et une injection d’adrénaline le fit courir à travers la scène de crime, cherchant sa bien aimée, comme si sa vie en dépendait. Il l’a trouva enfin, malheureusement pour lui.

A moitié caché par l’aile d’un Yian Kut-ku déjà mort, devant lui, se trouvait le corps inerte de Mily. Les yeux fermés, la main gauche sur le cœur, elle avait son autre main dans la boue, comme si elle était en train d’écrire quelque chose avant de mourir l’instant d’après. En effet, un nom était marqué dans le sol, suivi d’un cœur qui fit fondre en larme le chasseur. Celui-ci s’approcha d’elle, lentement, il prit sa main, l’embrassa, puis la reposa sur sa poitrine. Il resta à genoux, face au destin, à attendre.

Le sang de Mily s’était mélangé aux larmes de David depuis déjà bien longtemps. Le Soleil était parti se coucher et la Lune était redevenue maitresse des lieux. Un petit camp fabriqué en bois et en feuilles se trouvait au milieu des corps sans vie illustrant la guerre entre monstres et chasseurs. Les longues lamentations du chasseur endeuillé durèrent toute la nuit, jusqu’au petit matin, où il sortit.

Un cri l’avait fait sortir de sa cabane. Ce n’était pas un cri humain mais bien monstrueux. L’animal avançait, écrasant corps et armes sur son passage. A première vue on aurait dit un Yian Kut-ku, mais sa couleur violette au lieu d’orange et ses nombreuses blessures de guerre le définissait comme autre chose, un Yian Garuga, le chef des Kut-ku.

David le regardait, les yeux vides, son arme en main. Il avait rangé les deux petites épées de Mily au niveau de sa taille et souffrait encore de l’enterrement de sa fiancée qui s’était déroulé plus tôt. Sans réaction à cette interruption étrangère, le chasseur fixait le monstre.

Le monstre poussa un puissant cri aigu qui, même s’il était extrêmement douloureux, ne fit pas bouger David, attendant toujours l’heure de sa vengeance. Deux wyverns aviaires qui volaient au-dessus de l’arène se posèrent à côté du Yian Garuga, prêts à faire disparaitre ce vermisseau du chemin de leur maitre. Les deux créatures chargèrent.

L’une crachait des boules de feu autour d’elle tout en courant, à la manière d’un poulet auquel on aurait coupé la tête, l’autre était plus concentrée sur sa cible. Lentement, le chasseur sortit quelque chose ayant la forme d’un anneau de sa sacoche. Dessus était gravé : « Seule la mort pourra désormais nous séparer » et était suivi par deux lettres reliées par une croix possédant quatre extrémités. Il avait prévu le jour du mariage hier, au lieu de cela il a eu ce qu’il redoutait le plus. Il embrassa la bague dorée ornée de deux pierres noires et la plaça sur son annulaire de la main droite, il rabaissa sa visière et releva sa tête.

Un choc d’une force magistrale le repoussa plusieurs mètres en arrière. Sa chute fut amortie par la boue mais il se trouvait maintenant sur le dos, à la merci des deux oiseaux. Il tourna la tête, et vit qu’à côté de lui se trouvait le mot de Mily. Il plaça sa main à l’extrémité du mot et dessina avec difficulté un autre cœur, terminant ainsi l’œuvre de Mily. Puis il regarda les bêtes s’avancer jusqu’à lui.

Un rire se fit entendre suivi d’un hurlement, c’était le Yian Garuga qui passa entre ses acolytes, voulant réduire en miette lui-même ce fauteur de trouble. Il donna un violent coup de bec dans le corps du chasseur, puis poussa à nouveau un cri aigu. Le bec était légèrement fissuré, à cause de la lame sur l’armure. Enervé, le chef envoya une boule de feu sur le chasseur, qui commençait à brûler vif. Le sol fondait sous les pieds de David, qui hurlait de douleur. Enfin, il sentit quelque chose de dur sous ses pieds. La boue était devenue liquide et laissa découvrir ce qui se trouvait dessous, de la roche. Enduit de terre qui avait éteint le feu, le chasseur se releva. C’était à son tour de rire avant de lâcher un hurlement qui retourna le groupe de monstres prêt à repartir. Les deux sujets chargèrent à nouveau.

Ce n’était plus sa force pure qui fit courir le chasseur vers les Yian Kut-ku, il était possédé par une puissance inconnue, mélange de vengeance, colère et folie. Il avait dégainé sa lame, prête à pourfendre les créatures.

Le choc produit n’était pas ce qu’espérait l’un des wyverns. David avait foncé, lame la première dans le ventre du monstre, suivi par tout son corps. Il traversa tout le système digestif de l’animal avant de terminer par la queue. Il retomba à plat et se releva immédiatement pour assainir un violent coup de pied dans le bec du Ku-ku qui s’était effondré, tué sur le coup. Le deuxième, prit de folie à son tour, sauta sur place, feu en bouche, écrasant violemment le corps d’un des chasseurs morts. Un rictus de démence que la bête ne voyait pas venait d’éclore sous le casque de David. Il chargea lui-même vers sa proie, toujours sa lame stratégique en main.

Le Yian Kut-ku décocha une énorme sphère de flammes sur le chasseur qui la reçut de plein fouet mais sans reculer pour autant. L’animal avait tourné du regard, les énormes crocs dorés de l’épée étaient venus taquiner son cerveau, il s’écroula sur le sol désormais boueux.

Le chasseur se tourna lentement vers le chef et retira sa visière, de façon à ce qu’il voit bien son visage avant de mourir. A peine eut-il le temps de regarder sa nouvelle proie qu’il reçu un violent coup de queue de la part son adversaire. Terminant son salto arrière violemment sur la terre, le Garuga enchaina le chasseur en l’attrapant de son puissant bec, tentant de le broyer. Il ne restait au héros que les deux lames de celle qu’il avait tant aimée, de celle pour qui il devait finir cette bataille à son avantage. Il empoigna la lame la plus épaisse et la sortit de son fourreau à une telle vitesse que lorsqu’elle toucha l’œil du monstre, ce dernier lâcha prise immédiatement, dans un hurlement de souffrance. Du liquide violet remplissait maintenant la bouche de David dont la mâchoire inférieur tremblait de façon intensive. Il se dépêcha de boire un liquide bleu très consistant. Le dégout de l’avoir bu ne l’atteint pas et une fois son corps débarrassé du poison que lui avait injecté le chef Kut-ku, il reprit son combat.

Le Yian Garuga souffrait toujours de sa douleur à l’œil dont il ne voyait plus rien. Le chasseur avait les deux épées en mains et fonçait vers celui qui avait causé la mort de sa femme en ordonnant à son peuple de bâtir un nid ici et d’y assoir son royaume. David passa entre les deux pattes de l’animal, lui en trancha une avec la plus épaisse lame tenue de la main gauche et s’accrocha à l’autre jambe pour grimper sur le dos de la bête. Il sauta d’écaille en écaille, s’accrochant à ses poils lorsque l’animal se débattait avant de tomber au sol. Il arriva enfin au niveau de la tête, leva le mousquet de sa main droite, et l’enfonça dans le crâne de la créature. Du sang arrivait sur le visage découvert du chasseur qui hurlait tout en tenant la tête du Garuga dans ses mains, fixant le regard du roi déchu qui le regardait aussi. Enfin, la lumière de vie du chef Kut-ku disparut de l’œil où elle se trouvait.
David s’effondra sur sa victime, les larmes lui remplissant à nouveau les yeux. Il n’avait pas vaincu le chef des wyverns aviaires seul, l’âme de Mily était maintenant ancrée dans son cœur.

Une bataille gagnée, une amie perdue. On voyait désormais dans le regard du chasseur un désir de vengeance et de violence intensément dense. Sa quête pour retrouver la raison allait être longue s’il restait seul. Mais avant qu’un nouveau camarade ne l’accompagne, il était déjà parti chasser le monstre le plus imposant sur sa terre, un Lao-Shan Lung.
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MessageSujet: Re: Une vie de chasseur   Lun 11 Juil 2011 - 23:12

Chapitre V – Une alliance invincible



En direction du port de Moga, Sylver et Riper, accompagnés de leurs protégés, commençaient à se forger une puissante amitié qui les liait au fil du temps. Les rares animaux encombrant le chemin du retour finissaient tous de la même façon face à une coopération sans imperfection et incroyablement coordonnée. Le peu de créatures survivant aux assauts incessants des deux chasseurs ne pouvaient que se résigner à fuir le combat, battus avant de l’avoir réellement été.
Après 13 jours de marche à travers sable et forêt, ils attinrent enfin leur destination, éclairée au loin à travers la profonde nuit sans lune qui les entourait.

- « Ah, ça c’est un port comme je les aime », acclama Riper
- « Majestueux, illuminé, brillant de beauté, brillant de … attends c’est pas normal ça », suivit Sylver
- « En effet, le port est en feu !! » Hurla un des pêcheurs

Le sinistre spectacle des feux dansant à l’horizon, des flammes dévorant le bois de l’immense port, brulait peu à peu le cœur de chacun des protégés. Les femmes se mirent à pleurer, suivies par leurs enfants, les hommes essayaient tant bien que mal de les consoler mais ne pouvaient en vérité pas cacher leurs sentiments et certains succombèrent à la dure réalité.
Quelque chose retentit, un cri, un hurlement provenant des profondeurs de l’océan. Puis des cris de peur attinrent l’oreille des chasseurs. Il y avait encore de la vie dans ce port.
Sans attendre aucune réaction de la part de leurs protégés, Riper et Sylver se précipitèrent en direction du brasier mortel. Les ténèbres qui entouraient les pas des deux puissants chasseurs n’avaient pas l’air de beaucoup les gêner. Comme animés par une force inconnue, ils évitaient pièges de la nature, rochers et avançaient si vite que même les plus endurants des pêcheurs n’arrivaient à suivre leur trace, certains s’écroulant de fatigue et d’incompréhension.
Enfin les deux chasseurs arrivèrent face aux immenses flammes les défiant telles les gardiennes de ces sinistres lieux. Des appels retentirent à nouveau et il n’en fallut pas plus aux deux compagnons pour foncer à travers le feu, les mains protégeant leur visage.

- « Va par là, moi je m’occupe de ce côté », lança Sylver à son coéquipier
- « D’accord, prends garde à toi », répondit Riper
- « Bonne chance à toi aussi », dit Sylver tout en esquissant un sourire

La chaleur du feu proche de Sylver commençait à le perturber, son sang commençait à chauffer rapidement et inconsciemment le chasseur perdait petit à petit la clarté de sa vue. Il tomba soudainement à genoux, les mains au sol, essoufflé. Une goutte coula le long de son nez et tomba au sol, suivie par de nombreuses autres. Puis la plateforme en bois située face à l’archer se rapprocha violemment de son visage, le plongeant dans les mêmes ténèbres que la nuit.

De son côté, Riper résistait au mauvais jeu des flammes de l’enfer. Grâce à son armure en écailles de Cephalos, la chaleur, si elle n’était pas trop intense, se transformait étrangement en un doux vent frais lui parcourant le corps. Sous son casque, un rire avait même pris le dessus. Un rire qui se calma immédiatement dès qu’il aperçut un corps allongé au sol.
C’était une jeune femme, ses cheveux de couleur ocre étaient étalés au sol, tout comme son corps entier. Ses yeux étaient clos et Riper savait qu’il devait faire vite pour la sauver. Il la saisit alors des deux mains et la plaça sur son épaule droite. Un gémissement parvint alors à ses oreilles, une lamentation d’enfant. Se retournant, il distingua alors derrière une porte à moitié dévorée par le feu un petit garçon en pleur. Le poids de la jeune femme sur son épaule était déjà dur à porter, mais s’il devait partir d’ici vivant, il partirait avec cet enfant. Lui faisant signe de venir, il l’attrapa ensuite d’une main quand celui-ci fut assez proche. Soudain les yeux de Riper s’ouvrirent en grand et ce-dernier se baissa immédiatement, l’enfant sous son ventre. Un violent souffle d’explosion arriva derrière lui et embrasa la maison où se trouvait l’enfant auparavant. Après s’être relevé pour vérifier si le garçon n’avait rien, il prit soudain peur en voyant une partie des vêtements de la jeune femme prendre feu. D’une force sans pareille, il saisit alors l’enfant de sa main gauche, le portant tel une simple balle et courut à travers le port afin de sortir de cet endroit et enfin trouver un lieu plus tranquille où il pourrait déposer ses protégés. Soudain ses pieds ne touchèrent plus le sol et il tomba en avant.

L’eau rentra soudainement dans son armure, le rendant plus lourd à chaque mouvement dans l’étendue aqueuse. Au moins la fille ne brûlait plus, mais c’était maintenant sa propre vie qui préoccupait le chasseur. Enfin il atteint le fond qui était étrangement situé près de l’air extérieur. Il prit alors appui avec ses jambes et poussa d’un grand et puissant coup. Il attint la surface rapidement pour se repérer et visualiser la plage où il se précipita en exécutant toujours les mêmes sauts, le fatiguant à chaque contraction des muscles de ses jambes. Finalement il arriva et déposa ses protégés sur le sable mouillé par l’eau et le sang s’écoulant de chacun des rescapés. Le groupe de survivants de l’assaut des Gypceros arrivaient à peine aux environs du port et s’occupèrent immédiatement des deux blessés.
Riper, lui, scruta les environs pour voir s’il apercevait Sylver et questionna les nouveaux arrivants. Le sourire de fatigue qui l’animait se transforma alors petit à petit en grimace contrôlée par la peur.
Il se précipita soudainement et retourna dans le feu de l’enfer, hurlant le nom de son ami.

Des poutres enflammées tombaient tout autour du chasseur, le sol s’écroulait au fur et à mesure que les pas de Riper le touchaient. Quand finalement il aperçut un corps gisant sur le bois. Malheureusement, ce fut lorsque Riper se rapprocha du cadavre que ce-dernier disparut dans l’immensité aqueuse dans un craquement de bois brûlé. Un mur de flamme apparut devant le chasseur, l’empêchant d’aller récupérer l’homme qui coulait au fond de l’océan.
Tétanisé, détruit par ce qu’il venait de voir, Riper rebroussa alors le chemin, la tête basse, le regard vide. Soudain il aperçut une ombre à travers le rouge-orangé du feu vacillant sur le côté. L’espoir réanimé en son cœur, il traversa le petit obstacle de flammes et attint le corps de l’homme, allongé face contre terre. C’était bien Sylver.
Riper le retourna alors et l’appela.

- « Réveille-toi bon sang !! » lui criait-il dans l’oreille
- « Pas si fort enfin » répondit incroyablement Sylver, exténué
- « Allez, debout, faut partir d’ici » dit rapidement Riper, fatigué
- « Je … Je te revaudrai ça tu verras » dit finalement Sylver avant de se rendormir, un sourire lui traversant le visage

Riper prit alors son acolyte et le plaça sur son dos avant de repartir en direction de la plage.
Du côté des naufragés restés sur le rivage, une violente explosion retentit et le port tout entier explosa sous les yeux attristés des survivants.
La mort enveloppa les environs de Moga, et tous les pleurs des rescapés ne parvenaient à combler les si nombreuses pertes. Ce fut à ce moment là que l’on comprit la signification de cette sombre nuit.
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Une vie de chasseur

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